V année, 1963, Numéro 2, Page 93

 

 

La reprise de l’action
 
 
Nous avons fondé cette revue en 1959 pour soutenir la lutte fédéraliste au moyen d’un travail théorique. Peu après, le fait de disposer d’une revue, c’est-à-dire de s’être groupés autour d’un instrument permettant d’étudier et de réfléchir, se révéla comme providentiel. Le fédéralisme militant entra dans une grave crise d’orientation politique, et l’accent sur la culture devint pour les autonomistes le fait politique central. Il s’agissait de ne pas se disperser, de résister, d’enquêter pour reconnaître les erreurs qui avaient provoqué la crise, et de formuler de nouveau la ligne générale afin de pouvoir reprendre la lutte.
A mesure que nous réussissions à identifier ces erreurs et à formuler de nouveau la ligne générale, nous réussissions également à comprendre clairement un problème du fédéralisme militant que nous avions déjà entrevu, mais seulement de façon confuse, dans les expériences du passé. C’est un fait que les fédéralistes doivent se battre à un niveau supranational. A un tel niveau, il n’existe pas de pouvoir déjà constitué pour lequel lutter, il n’existe pas de partis, pas d’organes d’information du peuple, pas de philosophie publique, et même pas d’opinion publique à proprement parler. Il en résulte que si les fédéralistes veulent vraiment se battre et tâcher de devenir une force, ils doivent construire le cadre même de leur lutte, à savoir un cadre européen de lutte et de propagande politique, et qu’ils ne peuvent le faire que par une action-cadre qui passe par le cœur et par la tête de tous, créant partout le point de repère supranational, qui manque à l’heure actuelle.
Le 29 septembre, à Bâle, après plus de trois ans de méditations et de luttes, nous avons décidé d’entreprendre une action de ce genre, le Recensement Volontaire du Peuple Fédéral Européen. Pour que cette action prenne corps il a suffi d’une cinquantaine de personnes.
Pour la soutenir jusqu’au moment où, grâce à un grand nombre d’adhésions, elle aura une force d’attraction propre, il en faudra bien davantage, pas moins de plusieurs centaines. Par conséquent le succès de l’action-cadre ne dépend plus de nous, mais des autres, de ceux qui seront amenés à en prendre connaissance et qui pourront décider s’ils y participent ou non. En 1959 nous avons prié les fédéralistes de soutenir la revue, aujourd’hui nous les prions de soutenir l’action. II s’agit d’accomplir un nouveau pas en avant dans la lutte pour le fédéralisme et l’Europe.
 
Le Fédéraliste

 

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