VII année, 1965, Numéro 3-4, Page 228

 

 

Hermann Hesse, Krieg und Frieden, Frankfurt am Main und Hamburg, Fischer Bücherei, 1965, 156 pp.
 
 
Il s’agit d’un recueil d’écrits s’étalant de septembre 1914 (« O Freunde, nicht diese Tone ! ») à la fin de 1948 (« Über Romain Rolland »). Il s’en dégage le tableau d’une âme noble et passionnée qui, dans la période la plus tragique de l’histoire européenne, a toujours su garder intactes, dans la solitude, les valeurs humaines les plus hautes. Le motif dominant de ces brefs écrits, c’est un appel, touchant et courageux, à la paix, à la raison, à la tolérance et contre le nationalisme. « Ils peuvent être bien supérieurs à moi en tout le reste, pouvait-il écrire en août 1945 (« Schluss des Rigi-Tagebuches ») en se référant à des amis, mais il y a un point où j’ai des expériences plus anciennes que les leurs : la libération du nationalisme ».
Hermann Hesse ne propose dans ses écrits aucune alternative politique à la situation tragique de l’Europe au temps des deux conflits mondiaux et de l’entre-deux-guerres. Cela est compréhensible. Il n’a jamais été un politique et, en outre, la plupart de ses écrits remontent à une époque dans laquelle il était presque impossible de voir une solution à la condition douloureuse de l’Europe. C’est pourquoi il ne sait que prêcher, d’un -ton ému et passionné, un renouvellement intérieur de l’humanité européenne. « Si j’appelle politiques mes articles, écrit-il dans l’avant-propos à une édition de 1946, je le fais toujours entre guillemets, parce qu’il n’y a rien de politique en eux que l’atmosphère dans laquelle ils sont nés. Pour le reste ils sont tout le contraire de politiques, parce que chacune de ces considérations cherche à mener le lecteur non pas devant la scène du monde et ses problèmes, mais dans son intérieur, devant sa conscience personnelle ».
 
Francesco Rossolillo

 

 

 

 

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