VII année, 1965, Numéro 3-4, Page 230

 

 

Karl J. Newmann, Zerstörung und Selbstzerstörung der Demokratie. Europa 1918-1938, Koln-Berlin, Kiepenheuer & Witsch, 1965, 533 pp.

 

 

Karl J. Newman, professeur à l’Université de Cologne, étudie dans ce livre les causes de la décadence de la démocratie en Europe entre les deux guerres et les techniques employées par les mouvements totalitaires pour arriver au pouvoir.
Surtout dans son analyse des causes de la faiblesse de la démocratie européenne dans la période considérée, Newmann avance nombreuses suggestions intéressantes, appuyées sur une profonde connaissance des événements de l’entre-deux-guerres. Les trois éléments auxquels il attribue le plus d’importance sont : le système électoral proportionnel, appliqué dans presque toutes les démocraties du continent dans le premier après-guerre, qui empêcha la création d’exécutifs stables, en multipliant le nombre des partis ; le problème des nationalités, déterminé par l’absurde prétention des vainqueurs, à Versailles, de découper l’Empire autrichien selon des lignes nationales ; et finalement, les difficultés économiques provoquées dans la Mitteleuropa par la division du grand marché autrichien en nombre de petits marchés nationaux, qui adoptèrent tout de suite une politique protectionniste, tout en disposant d’un espace économique tout-à-fait insuffisant.
Ce qui manque, dans le volume de Newmann, c’est l’encadrement des phénomènes étudiés dans l’horizon général de la décadence du système européen des Etats-nations, ce qui donnerait aux éléments identifiés par l’auteur une signification bien plus profonde.
 
Francesco Rossolillo

 

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