V année, 1963, Numéro 2, Page 168

 

 

VERS UNE POSITION SUPRANATIONALE
A L’EGARD DU PROBLEME DE
LA REUNIFICATION DE L’ALLEMAGNE
 
 
RESOLUTION SUR LE PROBLEME ALLEMAND
APPROUVEE A MUNICH LE 1er SEPT. 1963*
 
I
Les fédéralistes constatent
que l’état actuel de division dans lequel se trouve l’Allemagne constitue un problème non résolu et un foyer de tension dans le monde ; que par conséquent la suppression d’une telle situation est l’un des buts fondamentaux de la politique de notre temps ;
que l’actuelle situation fournit un très bon exemple de l’impuissance des Etats nationaux souverains, puisque les Allemands tout seuls, sans l’assentiment de puissances étrangères, ne peuvent parvenir à la réunification ;
que tout plan momentanément imaginable ou effectivement proposé pour la réunification ou pour toute autre solution du problème, tout en maintenant l’Europe divisée, n’a aucune possibilité d’être réalisé, ou en a bien peu.
1) Le projet d’une annexion pure et simple de la SBZ (zone d’occupation soviétique) à la République fédérale, et par conséquent de son acquisition par le camp occidental (OTAN, Marché commun, etc.) achoppera toujours sur le veto de l’Union Soviétique. On peut difficilement prévoir les conséquences du conflit interne que connaît le communisme — mais de toutes façons c’est pure illusion que d’espérer qu’il amènera les Russes à céder presque complètement et franchement sur leurs frontières avec l’Occident (à ce sujet s’applique tout ce qui est dit plus bas dans le 3ème point).
2) Le projet d’une simple annexion de la République fédérale par la SBZ et par conséquent de son acquisition par le bloc oriental (Pacte de Varsovie, Comecon, etc.) échouera toujours à cause du non des Allemands occidentaux. Et même en négligeant par hypothèse cet empêchement, il reste le fait que les Américains permettraient difficilement de se voir éliminés de leur tête de pont en Europe, et les Etats de l’Europe occidentale ce rapprochement de leurs frontières de la zone d’influence communiste.
3) Une neutralisation de toute l’Allemagne selon le modèle autrichien se heurterait, en premier lieu, au non des Soviets (cf. le refus par Moscou du plan sur l’Allemagne de la SPD). Cette neutralisation aurait comme conséquence inévitable une démocratisation de la politique interne de la SBZ, soit un fait qui, selon l’idéologie communiste, constituerait une régression inadmissible et serait en contradiction avec la théorie de la nécessaire évolution de la société humaine du capitalisme vers le communisme en passant par le socialisme. Une telle neutralisation aurait pour conséquence la sortie de la SBZ du pacte de Varsovie, autrement dit un résultat qui, par suite de l’importance stratégique de la SBZ en cas de guerre conventionnelle avec l’Occident et en tant que barrage aux tentations occidentales de la Pologne, ne peut être que fort peu apprécié par les Soviétiques. Elle aurait en outre comme conséquence la sortie de la SBZ du Comecon, autrement dit, un résultat qui ne peut pas laisser indifférent le bloc oriental, si l’on garde présent à l’esprit le potentiel économique relativement élevé de la SBZ et la division du travail à l’intérieur du Comecon. Même le conflit à l’intérieur du camp communiste entre la Chine et la Russie ne pourrait mener ici à aucune modification substantielle. La Russie est maintenant plus que jamais obligée de se présenter comme le fidèle gardien de la véritable idéologie communiste : la politique de la coexistence, qui dans un certain sens est une trahison du léninisme, se justifie par le caractère imprévisible des effets destructifs des bombes nucléaires, mais l’abandon de la SBZ ne pourrait au contraire trouver aucune justification dans le domaine où règne le point de vue communiste. Le relâchement de l’obédience du bloc oriental vis-à-vis de la Russie, qui peut mener à l’existence de deux « papes » communistes (penser au cas de la Roumanie) rend la SBZ encore plus importante pour la Russie. D’autre part le gouvernement de Pankow suivra toujours la ligne de Moscou dans les conflits « idéologiques » dans la mesure précisément où, manquant totalement de l’appui de la population, il a besoin de la protection russe. Enfin, étant donné que la rivalité russo-chinoise se répercutera avant tout vis-à-vis des pays sous-développés d’Afrique et d’Asie, il s’ensuit que la Russie ne peut pas avoir le moindre intérêt à démanteler la force économique du bloc qu’elle a formé avec les pays de l’Est européen. Du reste il est assez problématique que l’Occident permette la neutralisation de l’Allemagne.
4) L’acceptation des propositions orientales pour la reconnaissance de la DDR et l’octroi du statut de ville libre à Berlin-Ouest serait aussi peu avantageux. Cette solution renonce d’emblée à la réunification. Mais elle n’entraîne pas pour autant une détente durable. D’une part il est difficile de penser que cette unique concession de l’Occident satisferait pour longtemps le bloc oriental, tandis qu’il est probable qu’elle ne ferait qu’accroître l’appétit du bloc oriental qui, après une brève période de consolidation, poserait de nouvelles revendications. D’un autre côté cette renonciation à la réunification susciterait aisément chez les Allemands un sentiment de frustration qui pourrait les jeter dans des actions inconsidérées, qui détruiraient de nouveau la détente théoriquement obtenue, ou au moins, perturberaient de façon sensible le travail commun du monde occidental.
5) L’obstination avec laquelle l’Occident se réclame de la situation juridique établie après la guerre ne fait qu’éterniser le statu quo et ne représente en rien une solution positive. Ce n’est pas renoncer explicitement à la réunification, mais c’est la renvoyer aux calendes grecques, quand le grand miracle deviendrait possible. Une telle attitude, si elle est observée avec conséquence, ne porte nullement à la détente, et est totalement stérile, car elle est une politique de renoncement à la politique. En outre, à cause de sa rigidité, cette position rend passablement difficile tout accord relatif à des aspects particuliers du problème que les circonstances imposeront inévitablement — par exemple la situation même de Berlin donne au bloc oriental la possibilité d’imposer dans une certaine mesure de tels accords — ce qui est rendu passablement difficile par la rigidité de cette position ; et ces difficultés d’adaptation, à leur tour, ne peuvent qu’engendrer des crises ultérieures entre les alliés occidentaux.
 
II
Les fédéralistes affirment
que la réunification nationale ne mérite pas le rang de fin politique suprême. et que, par conséquence, elle occupe indûment une telle place.
1) Géographiquement. La réunion de tous les Allemands, et seulement de tous les Allemands, en un seul Etat est, de ce point de vue, impossible, et dans une plus grande mesure que, par exemple, la réunion de tous les Français, ou les Espagnols, ou les Italiens en un seul Etat. On admet généralement que la tentative de fonder un semblable Reich panallemand de la part du national-socialisme n’avait pas de sens, et entraînait à d’insoutenables prétentions territoriales. Mais il n’y a pas de logique interne non plus dans l’affirmation que les Allemands de la République fédérale et ceux de la SBZ doivent absolument former un seul Etat. D’un autre côté il faut observer que la République fédérale est déjà, du point de vue du nombre de ses habitants le plus gros Etat européen après la Russie. Dans le cas d’un Etat allemand réunifié il existerait une nette disproportion avec les Etats voisins, et celle-ci, par les simples données de fait géographiques, pourrait altérer l’équilibre interne européen, et d’une façon d’autant plus considérable que les frontières de l’Allemagne seraient les plus étendues.
2) Historiquement. L’application du principe de l’Etat national à cette situation allemande a fait de l’Europe, dans la période qui a précédé la première guerre mondiale, une zone explosive de tension. Les données géographiques, dans le cas de l’Etat national allemand, ont conduit à une politique de puissance agressive tournée vers l’extérieur, et ont produit, intérieurement, une structure étatique autoritaire et militariste. Ainsi l’idée d’un Reich allemand est-elle grevée par l’histoire d’une lourde hypothèque. La seconde guerre mondiale ne fut rien d’autre que la guerre du Reich allemand nazi ; et même dans le cas de la première guerre mondiale un certain nombre de voix autorisées en rejettent sur l’Allemagne la faute exclusive. Et du moment que l’Allemagne s’est signalée dans le passé d’une manière si évidente par ses prétentions de puissance, l’aspiration allemande à la réunification se présente également aujourd’hui aux yeux de beaucoup comme une simple prétention à un accroissement de la puissance allemande, sinon comme la prétention égoïste à un pouvoir ruineux.
3) Psychologiquement. Aussi bien la prévision d’une superpuissance allemande telle qu’elle résulterait de la réunification, que le souvenir des anciennes exactions commises par l’Allemagne, font que la réunification se réduise, aux yeux de beaucoup d’étrangers, à une perspective contre laquelle ils s’élèvent, ouvertement ou en cachette, non seulement par les réserves qu’ils formulent, mais même avec malaise ou avec peur. Cela fait que la revendication allemande de réunification ne trouve souvent auprès des alliés qu’un faible appui, tandis que, au contraire, la propagande russe contre l’esprit de revanche allemand, etc., trouve facilement un terrain propice. D’autre part le concept de nation a perdu, même chez le Allemands, ce halo sacro-saint qu’il avait naguère. La revendication de réunification est un tabou, mais elle ne trouve pas vraiment l’appui spontané et effectif de toutes les personnes susceptibles de s’intéresser à la politique, et elle n’est pas le point évident de rencontre de la pensée politique allemande. Menée par tous les partis et par beaucoup d’autres organisations de la Bundesrepublik, la propagande officielle pour la réunification ne peut obtenir dans l’opinion publique allemande que l’un ou l’autre des résultats suivants : une partie de la population pourrait être amenée à penser que dans l’actuelle situation de division de l’Europe en Etats nationaux il existe une possibilité de rétablir l’unité nationale, mais que le gouvernement allemand ne sait pas en profiter ; une autre partie de la population pourrait être amenée au contraire à conclure avec résignation que les politiciens ne parlent que de buts irréalisables. Cette dernière partie de la population, en continuelle augmentation, est ainsi détournée, non seulement du but que représente la réunification, mais de tout intérêt pour la politique en général.
4) Moralement. L’union de l’Etat et de la nation n’est pas une valeur en soi. Une valeur qui sans aucun doute se place, bien plus haut est la liberté. Il existe, certes, un certain rapport entre ces deux valeurs. Ainsi, il est hautement probable que si l’on devait concéder aux Allemands de la SBZ la liberté de décider de leur destin politique, ils se prononceraient pour la reconstitution de l’unité allemande. Cela correspond également à la pensée traditionnelle que l’on doive accueillir dans son propre Etat la fraction d’un peuple à laquelle on veut transmettre la propre liberté dont on jouit soi-même. Mais on ne doit pas oublier que c’est très fréquemment qu’au nom de la nation on a foulé aux pieds la liberté de son propre peuple comme aussi et surtout celle des autres peuples. Si l’unité de la nation est quelque chose qui peut avoir des conséquences bonnes ou mauvaises, la liberté de la personne humaine est par contre (limitée qu’elle est par la liberté des autres) une valeur en soi.
 
III
Les fédéralistes déduisent de ce qui précède
qu’une fois de plus, la pensée nationale a falsifié le problème.
Du moment que la nation n’est pas une valeur en soi, tandis que la liberté en est une, le vrai problème n’est pas la suppression de la division nationale, mais la suppression de l’absence de liberté au delà des frontières de la zone soviétique. L’existence de deux Etats, dont les citoyens appartiennent à un seul peuple linguistique, ne serait pas (laissant de côté la faiblesse constitutionnelle de ces deux petits Etats) à discuter si dans tous les deux était assurée dans une égale mesure la liberté politique (et avec elle la liberté de mouvement — cf. la République fédérale et l’Autriche). Et si effectivement le vrai problème consiste dans le manque de liberté et non dans la division en nations, il ne s’agit pas d’une question purement allemande, mais d’un problème européen. Le manque de liberté ne domine pas seulement dans la SBZ (quoique la terreur y soit particulièrement violente), il domine dans tout le bloc oriental. La division ne passe pas seulement à travers l’Allemagne — quoique le maintien de la division contredise des stipulations qui pour être inefficaces n’en sont pas moins précises —, elle passe à travers l’Europe toute entière.
que les possibilités entrevues et les plans conçus jusqu’à ce jour pour obtenir une solution du problème sont stériles et inopérants et ne méritent pas notre appui.
Quel que soit celui de ces chemins que l’on prenne, la division de l’Europe et le manque de liberté des Etats satellites de l’Est de l’Europe demeureraient inchangés. La solution que constitue l’annexion de la Bundesrepublik au bloc oriental serait un pas en arrière de la liberté et de la démocratie ; les solutions que constituent la reconnaissance de la DDR et l’insistance sur le statu quo n’apporteraient aucune amélioration ; les solutions que constituent l’annexion de la SBZ par l’Occident et la neutralisation de l’Allemagne ne seraient qu’un pas en avant assez limité. Mais, à cet égard, la faible dimension du territoire dans lequel la liberté et la démocratie progresseraient ne constitue pas l’unique faiblesse de cette solution. La seconde, par suite de l’établissement contractuel de la neutralité de l’Allemagne et de l’interdiction qui lui serait faite de se lier par des alliances, cimenterait la présente situation de morcellement de l’Europe en un certain nombre de petits Etats, nationaux. Non seulement l’Allemagne se verrait empêchée d’entrer dans une organisation étatique supranationale européenne, mais la fondation d’un vrai Etat fédéral européen deviendrait impossible même pour les autres Etats européens sans la participation de l’Allemagne. La collaboration entre Européens, dans la mesure où elle existe aujourd’hui, devrait être abandonnée. La première, tout en n’excluant pas totalement la possibilité de la fondation d’un Etat fédéral européen, la rendrait cependant en réalité assez difficile, les autres Etats européens ayant peur de tomber sous l’hégémonie d’une grande Allemagne, ce qui, d’un côté comme de l’autre, donnerait encore une fois un nouvel aliment au nationalisme en éloignant la perspective d’une union européenne.
 
IV
Les fédéralistes déclarent par conséquent
que la fondation d’un Etat fédéral européen sur l’espace occupé par les démocraties occidentales est la meilleure voie et la plus riche d’avenir même pour la solution de ce problème.
1) L’Europe deviendra de la sorte un centre de pouvoir qui constituera pour Moscou un interlocuteur à prendre au sérieux : La Russie ne sera plus tentée de pousser les Etats de l’Ouest de l’Europe les uns contre les autres. L’Etat fédéral pourra déployer seul sa propre activité, établir le moment où il jugera propice de traiter ; il ne sera pas contraint de réagir seulement aux initiatives russes ou de prendre position dans la ligne des idées américaines.
2) Le bipolarisme Est-Ouest disparaîtra. La convergence des intérêts économiques et spirituels avec les USA demeurant ce qu’elle est, l’Etat fédéral européen, capable d’une politique autonome de défense, contribuera à la détente dans le monde. Une perte d’influence de la Russie en Europe ne conduira pas automatiquement à un accroissement de l’influence de l’Amérique en Europe. En dépit de l’égalité des Weltanschauungen politiques dans l’Etat fédéral européen et les USA, il pourra se manifester entre eux des contrastes d’intérêt relativement à des problèmes concrets. Et il est bien possible que pour l’URSS la satisfaction que lui apporteraient de tels contrastes compense l’abandon de telle ou telle position.
3) Par suite de la construction de l’Etat fédéral européen, la division de l’Europe et l’absence de liberté dans le bloc oriental seront ressentis par toute la population de l’Europe occidentale comme un problème européen. Le problème de la réunification allemande ne se présentera plus comme un problème de puissance nationale mais prendra place dans le problème européen et humain qui consiste à savoir comment sera assurée l’auto-détermination aux hommes vivant de l’autre côté du rideau de fer.
4) Chez les Européens du bloc oriental, la peur des Allemands, qui dans une certaine mesure a discrédité la politique occidentale dans son ensemble, mais tout particulièrement celle de l’Allemagne de l’Ouest, sera remplacée par la force d’attraction de l’Etat fédéral européen. L’intégration économique du Marché commun a rendu évidente la force économique de l’Europe occidentale ; l’intégration politique dans l’Etat fédéral européen montrera la force politique de l’Europe. Elle rendra particulièrement digne de confiance la démocratie occidentale, dans la mesure où sera garantie même l’indépendance de la politique étrangère. Certaines relations particulières et traditionnelles (France-Pologne et pays balkaniques, Angleterre-Tchécoslovaquie) augmenteraient la force d’attraction de l’Etat fédéral européen.
5) Jusque dans les pays en voie de développement la relation entre l’Occident et le bloc oriental ne sera plus perçue comme l’effort de nations individuelles pour l’accroissement de leur pouvoir, mais plutôt comme la tentative de déboucher sur une démocratie internationale et sur l’indépendance à travers la construction des prémisses d’une autonomie continentale. Cela qui fera bénéficier l’Etat fédéral européen d’un puissant appui moral.
6) La construction de la Fédération européenne développera les capacités financières et spirituelles nécessaires pour une union organique et non pas schématique sous l’aspect économique et social, entre l’Est et l’Ouest européen.
que la construction de l’Etat européen exige tous nos efforts et les récompense.
1) Il n’est pas impossible que la construction de la Fédération européenne en Europe occidentale — particulièrement à cause des conséquences qu’elle aura sur les relations entre Est et Ouest — soit exposée à des manœuvres de la part de l’URSS. Et il ne faut pas exclure que les USA n’assument pas toujours une attitude positive devant la perspective de la fondation d’un Etat fédéral européen, soit pour éviter de troubler un statu quo tranquille et stable, soit pour maintenir intact leur propre leadership dans la politique étrangère occidentale. Il faudra aussi tenir compte de l’opposition croissante des gouvernements nationaux qui ne renonceront pas de bon gré à leur souveraineté. Dans une telle situation la construction de l’Etat fédéral européen requerra la collaboration consciente et clairement orientée de tous les Européens.
2) Mais cet engagement sera justifié. L’Etat fédéral européen contribuera à la détente dans les rapports entre l’Est et l’Ouest et éliminera, le manque de liberté de l’Europe orientale, tandis que, d’autre part, par la fondation du premier noyau fédéral, on obtiendra, à la place du pur attentisme, de l’immobilité absolue face à une situation insatisfaisante — la division de l’Europe et l’absence de liberté dans le bloc oriental — et sur le chemin de leur élimination, un résultat intermédiaire d’une extrême importance. La fédération de l’Europe occidentale sera en fait l’exemple qui démontrera que les égoïsmes nationaux peuvent être surmontés et que la démocratie peut trouver un cadre supranational dans lequel elle est davantage encore un principe digne de foi pour le développement de toutes les tâches de l’Etat à travers la libre souveraineté populaire.


* Au cours de la discussion sur le problème allemand, au sein d’Autonomie Fédéraliste, Dietrich Gruber élabora un projet de motion. Ce projet fut discuté, réélaboré et approuvé par la section de Munich le premier septembre 1963. Entre le premier septembre et le 15 octobre cet projet fut approuvé par le Comité régional lombard, par le Comité régional ligure, par la section de Florence et par les militants de Lyon et devint ainsi, par suite des prises de position de ces groupes de base du M.F.E., l’embryon d’une position concrète supranationale sur le problème allemand. Tant au sein d’Autonomie Fédéraliste qu’au sein du M.F.E., la discussion continue, et il n’est pas trop risqué de prévoir que la motion de Munich finira tôt ou tard par constituer la base de la politique allemande de tout le M.F.E.

 

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