IV année, 1962, Numéro 1, Page 99

 

 

LE IXe CONGRES DU M.F.E.
INTRODUCTION ET DOCUMENTS
 
 
DOCUMENTS
 
II. — MOTIONS PRESENTEES A LA COMMISSION POLITIQUE DU CONGRES
 
b) Motion présentée par la région « Provence »
Le IX Congrès International du M.F.E. constatant :
— que l’humanité est entrée dans une période de mutation, que le monde se transforme profondément sous nos yeux, que des pays autrefois puissants s’effacent tandis que de nouveaux naissent à l’indépendance, que des continents longtemps asservis ou assoupis font entendre leur voix ;
— que c’est dans ce contexte historique que se place et se justifie la création de l’unité européenne ; or, cette unité s’impose en tout état de cause et que si elle ne se réalisait pas en temps utile par des méthodes fédéralistes, c’est dans la servitude qu’elle se ferait ;
— qu’en de nombreux pays la démocratie est bafouée ;
— que le nationalisme doit être chassé sans faiblesse de toutes les forteresses dans lesquelles il s’est retranché ;
— qu’en contre partie, et comme élément positif, il se réjouit de l’action inlassable et efficace menée par les Communautés Européennes malgré les différences qu’elles ont à surmonter du fait des Etats-Nations qui méconnaissent l’intérêt de leurs peuples.
En conséquence, le Congrès décide :
— que le M.F.E. doit tout mettre en œuvre pour constituer dans toute l’Europe une force politique démocratique, omniprésente, mais pas un parti politique ;
— que la force principale du M.F.E. étant le fédéralisme, qui est une des conditions essentielles du renouveau de la démocratie, il est indispensable que sa vie interne et son attitude extérieure soient un exemple de fédéralisme appliqué ;
— que le M.F.E. doit pratiquer une politique de présence et rester en contact avec tous les hommes, tous les mouvements, toutes les organisations, tous les partis que ne se sont pas affirmés comme adversaires déclarés de l’Europe ;
— que de ce fait le M.F.E. doit apporter le maximum d’assistance à toutes les actions et organisations, qui coopèrent, dans des secteurs particuliers, à l’expansion de l’idée européenne ;
— que le M.F.E. doit devenir une avant-garde active, déterminée, audacieuse mais avec le sens des ses responsabilités et de ses possibilités et qu’il doit entreprendre une action intelligente, persévérante et constructive, s’exerçant partout et chaque jour, dans tous les milieux, de la base au sommet, afin de faire prévaloir sa doctrine et ses solutions aux grands problèmes internationaux ;
— que pour l’instant, ses efforts doivent principalement porter sur :
— la lutte contre le nationalisme, sous toutes ses formes et contre l’hypocrisie des fausses formules européennes ;
— l’enseignement des principes du fédéralisme et de ses idéaux humains et généreux ;
— l’exigence, dans les délais les plus rapides et par tous les moyens appropriés, d’une Fédération Européenne comprenant : un gouvernement, deux chambres, dont une élue au suffrage universel, un conseil économique et social, une cour de justice.

 

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