IV année, 1962, Numéro 4, Page 339

 

 

 

LE PROJET DE CHARTE ET
LE PROJET DE MANIFESTE DU FEDERALISME
 
 
Avec les deux textes qui suivent commence à prendre forme le débat théorique sur le M.F.E. Ce débat trouve son origine dans le IXe Congrès (cf. « Le Fédéraliste », IV, 1). C’est alors en effet que la majorité décida que le Mouvement devait avoir une Charte qui le caractérise idéologiquement, tandis que notre courant, resté minoritaire, affirmait que le M.F.E. devait surmonter l’immobilisme et l’opportunisme qui l’ont freiné jusqu’à présent avec une action-cadre européenne, et avec le débat sur la nature de son organisation et de sa lutte (à mener jusqu’à ce que soient obtenues des réponses efficaces). Le nouveau Comité Central désigna par conséquent une Commission de la Charte. Notre courant, s’étant rangé dans l’opposition, accepta de faire partie de cette Commission parce que le Comité Central avait accepté sa proposition de confier à la Commission en question la charge de susciter, par des questionnaires, le débat de base.
Interprétant librement les réponses parvenues, dans leur majorité « proudhoniennes » en France et « hamiltoniennes » en Italie, Guy Héraud a rédigé un Projet de Charte qui s’inspire de la pensée d’Alexandre Marc, auquel notre courant, formulant des réserves sur cette procédure, s’est réservé d’opposer son propre document. Dans sa session des 20 et 21 octobre 1962, le Comité Central a adopté à la majorité ce Projet de Charte, mais a reconnu à la minorité, c’est-à-dire à notre courant, le droit d’exprimer son propre point de vue par un document à diffuser en même temps que celui de la majorité. Nous avons présenté ce texte et l’avons appelé Projet de Manifeste, autant pour le distinguer de celui de la majorité que parce que nous préférons ce titre.
Tels sont les faits. Nous nous limiterons, en ce qui concerne leur interprétation, à remarquer que dans ces conditions est en train de se faire jour dans notre Mouvement une division physiologique en deux tendances basées sur les deux théories du fédéralisme dotées d’une consistance historique : la tendance proudhonienne représentée par Alexandre Marc, de caractère idéologique et intégraliste, et celle qui est représentée par nous, hamiltonienne dans l’interprétation politique du fédéralisme, et kantienne pour ce qui concerne son aspect idéal. Ce débat, basé finalement sur de véritables principes fédéralistes, devrait, s’il se développait en profondeur et en extension, et donc de façon concrète, améliorer la préparation et l’efficacité politique des militants. Et nous espérons qu’il se développera, parce qu’est peut-être en train de réussir la tentative de notre courant d’étoffer l’indispensable complément du débat théorique, l’action.

 

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