XV année, 1973, Numéro 3-4, Page 203

 


Mario Soares, Le Portugal bâillonné. Témoignage. Paris, Calmann-Lévy, 1972, trad. par Edouard Bailby, 315 p.
 
 
Mario Soares, une des personnalités les plus en vue de la Résistance portugaise, a connu à plusieurs reprises, tout au long de sa vie, la prison, la déportation et l’exil. Cet ouvrage a été entrepris à Sao Tomé, où l’auteur avait été déporté par le régime de Salazar, et continué au cours de l’exil parisien auquel il a été condamné par le successeur de Salazar, Marcello Caetano, après une courte période de liberté dans son pays. Le « Portugal bâillonné » écrit sans documents, dans des conditions extrêmement difficiles, demeure cependant fondamental comme témoignage historique sur le fascisme portugais parce qu’il provient d’un homme activement engagé dans la Résistance, et qui a donc connu des gens et vécu des événements avec lesquels un observateur extérieur n’aurait pu entrer en contact. Il s’agit d’un livre vivant et passionnant, où se manifeste à tout moment l’inébranlable confiance de Soares dans la capacité du peuple portugais à se libérer de la dictature et à trouver le chemin de la liberté et d’un socialisme à visage humain. Une lutte à laquelle Soares entend participer jusqu’au bout. « …Je retournerai au Portugal — ainsi achève-t-il son livre — dès que les circonstances le permettront. Alors, avec sérénité et une confiance en l’avenir que je n’ai jamais perdue, j’affronterai mes juges et, éventuellement, mes bourreaux. C’est un acte de fidélité que je dois à mon pays, à l’idéal que je sers et à moi-même ».

 

 

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